— Le présent décret sera publié au Journal officiel
de la République algérienne démocratique et populaire.
Fait à Alger, le 18 Rajab 1447 correspondant au 7 janvier
2026.
Sifi GHRIEB.
10JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBL
Annexe
Missions des intervenants dans le mécanisme national
de prise en charge des victimes de la traite des
personnes
I- Phase de détection et d'identification des victimes :
1- Les juridictions :
— ouverture et supervision des enquêtes préliminaires ;
— mener des enquêtes judiciaires ;
— protection immédiate des victimes ;
— mise en mouvement de l'action publique d'office.
2- La police judiciaire :
— protection et éloignement des victimes du danger ;
— enquête sur d’éventuelles victimes de la traite des
personnes ;
— échange d'informations et coordination entre les
différents services de sécurité.
3- Le comité national de prévention et de lutte contre
la traite des personnes :
— assurer la coordination entre les différents intervenants ;
— adapter des mécanismes de vigilance, d'alerte et de
détection précoce des victimes de la traite des personnes ;
— élaborer des lignes directrices pour identifier et orienter
les victimes vers les services publics compétents.
4- Le secteur de la santé :
— examiner les victimes et fournir l'assistance sanitaire et
psychologique à ceux qui en ont besoin ;
— élaborer des rapports sur l'état de santé et
psychologique des victimes et les soumettre aux autorités
compétentes :
— informer les autorités compétentes sur les victimes
éventuelles de la traite des personnes.
5- L'inspection générale du travail :
—intensification des opérations de surveillance et des
sorties sur terrain ;
— détection des faits de la traite des personnes et les
distinguer des infractions à la législation du travail ;
— signalement aux autorités compétentes, des cas détectés
de la traite des personnes en milieu du travail.
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IQUE ALGERIENNE N° 06
22 janvier 2026
6- Les institutions nationales et la société civile :
— sensibilisation à l'importance d'informer les autorités
compétentes des faits susceptibles de constituer la traite des
personnes ;
— signalement des victimes éventuelles de la traite des
personnes dont elles prennent connaissance.
Il - Phase de renvoi des victimes vers les services
publics compétents :
1- Prise en charge médicale et psychologique : notamment
les services de la protection civile, les services compétents du
ministère de la santé (directions de santé, hôpitaux...), les services
du ministère chargé de la solidarité nationale et le Croissant-rouge
algérien :
— prise en charge par les services publics de santé, à titre
gratuit ;
— prise en charge sanitaire générale (examen médical initial,
consultation, analyses médicales, assistance psychologique et tout
soin médical ou psychologique nécessaire, ainsi que la fourniture
de médicaments) avant et pendant le placement dans les
centres d'accueil.
2- Prise en charge juridique et judiciaire : les juridictions
et la police judiciaire :
— fournir aux victimes une assistance judiciaire de plein
droit, à toutes les étapes de la procédure ;
— faire bénéficier les victimes de mesures de protection
procédurales et extra-procédurales conformément à la loi ;
— informer les victimes des procédures juridiques et
judiciaires pertinentes ;
— l'anonymat de leur identité, la garantie de la
confidentialité de l'action publique et la veille sur la
protection de la victime contre une nouvelle victimisation ;
— garantir le droit des associations nationales accréditées
et des institutions nationales exerçant dans le domaine des
droits de l'homme, de la protection des enfants, des femmes
et des personnes à besoins spécifiques de se constituer partie
civile ;
— la possibilité d'accorder, à la victime, une indemnisation
pour les dommages subis ;
— exempter la victime des poursuites pénales pour
violation des procédures relatives à l'entrée, au séjour et à la
circulation en Algérie ;
— exonérer la victime de toute responsabilité pénale et
civile des infractions liées directement à sa qualité de victime
de la traite des personnes.
3 Chaâbane 1447
JOURNAL OFFICIEL DE
22 janvier 2026
III- Aide sociale et hébergement dans les lieux d'accueil :
Les ministères chargés de l'intérieur, des affaires
étrangères, de la solidarité nationale, de la santé, de
l'éducation nationale, de la jeunesse, des sports, de
l'enseignement et de la formation professionnels, de la
culture, les services de sécurité compétents, le Croissant-
rouge algérien, la protection civile et la société civile :
— placement dans les lieux d'accueil, sur décision des
autorités judiciaires ou administratives, dans le respect des
droits des victimes de se déplacer et de sortir de ces centres,
sans préjudice des dispositions du règlement intérieur de ces
centres ;
— la dotation des centres d'accueil d'espaces permettant
aux victimes de recevoir leurs proches et leurs avocats ainsi
que les représentants des autorités compétentes et des
associations activant dans ce domaine ;
— la garantie de la sécurité et de l'intégrité physique des
victimes et la sécurisation des centres d'accueil ;
— la fourniture des besoins nécessaires dont la nourriture,
les vêtements et les médicaments ;
— la mise en place de programmes éducatifs, pédagogiques,
récréatifs ainsi que de programmes de sauvegarde et de
réhabilitation ;
— l'information des victimes sur les procédures
administratives pertinentes dans une langue qu'elles
comprennent ;
— la mise en place des moyens pour assurer la
communication avec les services et les organismes
compétents (téléphone/fax/e-mail, etc.) ;
— la facilitation de l'accès des victimes aux documents
nécessaires à leur retour ou à leur sortie de l'Algérie ;
— l'assurance de la confidentialité des données et des
informations.
IV- Phase de la prise en charge finale de la victime :
1 - Tous les ministères :
— la réinsertion sociale de la victime.
2- Le ministère chargé de l’intérieur et le ministère des
affaires étrangères, de la communauté nationale à
l'étranger et des affaires africaines :
— faciliter, sur leur demande, le retour des victimes
algériennes de la traite des personnes de l'étranger ;
— faciliter le retour volontaire et sécurisé des étrangers
victimes de la traite des personnes en Algérie, vers leur pays
d'origine ou, le cas échéant, vers leur pays de résidence.
LA REPUBLIQUE ALGERIENNE N° 0611